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Colin H Van Eeckhout – Amenra

C’est encore embaumé de senteurs d’oliban1 que nous rencontrons Colin H Van Eeckhout, un peu à l’écart du stand de merch d’Amenra, monté à l’entrée de l’Astro Club. L’occasion de parler des origines et de l’avenir du groupe, de l’héritage du H8000 et de théologie.

WFTN

Le H, pour Hate, récupère et détourne par dérision la critique souvent opposée au Hardcore, alors que le 8000 fait référence à la zone géographique sur laquelle s’étend le crew, le territoire de la Flandre occidentale, au nord-est de la Belgique2.
Au départ, H8000 est avant tout une dénomination géographique, mais deviendra avec le temps essentiellement stylistique. Le punk rock mais aussi le metal et le death, avec des groupes comme Nations On Fire, Fatal Recoil, Morda ou Rafflesia, laisse peu à peu place à une tendance plus metalcore, avec Congress, Liar et Spirit of Youth, puis Arkangel, qui définiront clairement l’esthétique de la scène. Des groupes extérieurs à la région intégreront ainsi le H8000, comme Kindred (Belgique) mais aussi Culture et Morning Again (États-Unis).

Sous l’impulsion de quelques labels (Good Life, Sobermind) et de groupes comme Liar, Nations On Fire, Rise Above, Spirit Of Youth, le Straight-Edge devient de plus en plus présent. Malgré les hésitations de certains membres plus anciens, la région devient mondialement connue pour ces 1000 Straight Edges (public et musiciens), donnant une toute nouvelle impulsion au mouvement flamand.

Le H8000 c’est aussi un fanzine, H8Z (H8000 Zine), véritable maison de presse DIY qui en 5 numéros3, a dressé un autoportrait du hardcore flamand des années 90. Par la scène et pour la scène, il a très largement permis la diffusion et la compréhension de ce projet qui a définitivement changé l’identité du hardcore européen et mondial, en y incorporant des éléments issus du death, black et thrash metal.

La scène est également portée par de nombreux labels, comme Sobermind (fondé par Hans de Liar/Your God Is Dead) et Machination, tous deux disparus, ainsi que Good Life4, Reality ou Genet Records, encore en activité .
La première compilation, éditée par Genet et Sobermind en 1998, s’ouvre sur Enter The Devil de Spineless et la voix puissante et douloureuse de Colin H Van Eeckhout.

Après un album  …A Talk Between Me And The Stars.. , le groupe se sépare en 1999. Alors qu’une partie des membres rejoignent Congress, Hive Destruction, Kingdom ou Natural Order, trois autres fondent un nouveau projet : Amenra.

Un collectif s’organise autour du groupe. La Church Of Ra rassemble autour d’une vision esthétique et artistique pluridisciplinaire allant de la musique aux arts visuels en passant par la danse, la performance et la vidéo. Parmi les musiciens, on y retrouve, en plus d’Amenra, Oathbreaker, Hessian, The Black Heart Rebellion, Treha Sektori ainsi que des side projects comme Kingdom, Syndrome ou CHVE.

En plus d’une production musicale et plastique, la Church Of Ra se réunit pour des concerts performances et des tournées, comme leur tournée française d’Avril 2014 bookée par Kongfuzi.

En 2015, Amenra revient en France pour une tournée, accompagné par Regarde Les Hommes Tomber (pour leur second album), dont une date à L’Astrolabe d’Orléans… l’occasion pour nous de rencontrer Colin et lui poser quelques questions.

Colin a fait l’effort de répondre à nos questions en français, agrémenté de quelques phrases en anglais. Nous avons réécrit certains passages pour faciliter la compréhension du message et traduire les intonations et gestuelles en cherchant à rester au plus près du texte original. L’interview intégrale et non montée est disponible en bas de page.

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Colin H Van Eeckhout sur scène avec Amenra – ® acourseindying

WFTN – Colin, tu es le chanteur d’Amenra, est-ce que tu pourrais revenir sur les origines du projet et nous expliquer comment ça a commencé ?

Colin H Van Eeckhout – J’ai commencé à jouer dans un groupe5 Hardcore Straight Edge en 1994, quelque chose comme ça, et c’était une sorte de metal inspiré hardcore.
Il y avait la scène screemo qui venait et we like that6, on était attiré vers ça, parce que les textes étaient plus près du cœur, que politiques ou critiques envers la société. On était plutôt des gens de cœur, je veux dire. Et surtout pour moi au niveau des textes, j’étais attiré par ça.
Et après un temps, Mathieu [Vandekerckhove], qui joue aussi avec nous, nous a rejoint. Et en 90, on a arrêté, car une part de nous voulait plutôt expérimenter l’émotion et voir tout ce que l’on pouvait faire avec ça, on sentait qu’on avait plus besoin de ça, qu’on pouvait en sortir plus si on allait tout près du cœur, plus près de nous et des gens qu’on aimait. À partir de ça, on a évolué un peu vers ce qu’on est maintenant.

Au début c’était un peu Hardcore Chaotique, avec des influences screemo, je sais pas quoi. Un mix de différents trucs. On était en train de se chercher.
On vient d’une scène Hardcore Straight Edge basée en Flandre et Belgique, le H8000, et notre batteur, [Bjorn] Lebon vient plus d’un background Punk. En 90, le groupe s’appelait Spineless, et certains de nous voulaient plus jouer dans une direction metalcore, et nous voulions aller plus dans une direction… heu… je ne sais pas quoi [rire].

Alors, en amis,  nous nous sommes séparés et nous avons commencé à trois7 un nouveau groupe. Pendant deux ans et demi, je pense, on a un peu cherché, mais on savait déjà qu’on voulait essayer d’être plus qu’un groupe qui fait de la musique. Avec nos sentiments et émotions, on a réalisé que le medium Musique avait beaucoup de pouvoir et on a cherché les possibilités qu’on avait avec. On est toujours en train de chercher.

WFTN – Le son actuel vient à peu près vers Mass III

Colin H Van Eeckhout – Ouais, c’est vrai. Il y avait un morceau de Mass I qui était déjà quelque chose, on avait, et le deuxième était aussi un peu… Mais c’est vrai qu’avec Mass III on avait vraiment trouvé quelque chose, et ça a été notre nouveau but.

WFTN – Est ce que justement cette transition vient de la clarification de certaines émotions et de la volonté de dire certaines choses différentes ou est ce que ces émotions étaient déjà présentes dès le début ?

Colin H Van Eeckhout – Non. Au début on était, je veux pas dire « encore trop jeunes », mais je pense que beaucoup de choses ont changées quand on a eu des problèmes familiaux, en 2001 je pense. C’est là qu’on a réalisé qu’on pouvait se guérir nous mêmes avec ce qu’on faisait avec la musique, et qu’on pouvait rester sains dans notre tête grâce à notre musique. Et les textes devenaient plus personnels, et automatiquement they meant more8 pour moi, dans cette période. Et c’était vraiment mon histoire que j’essayais de partager, mais d’une manière abstraite parce que je voulais aussi que d’autres gens le vive de leur côté.

Et c’est là que c’est né. Alors ce n’est pas quelque chose qu’on a construit, c’est quelque chose qui nous a pris, je veux dire. C’est une espèce de situation un peu, le plus adulte, plus près du corps… du corps anglais je veux dire. C’est très universel ce qu’on raconte en fait. C’est la chose la plus universelle qui soit, ce qu’on fait. C’est pour ça que différents gens, de différents styles de musique, de différents backgrounds, peuvent se reconnaître dans ce qu’on fait, même si c’est vraiment pas leur truc.

C’est une espèce d’émotion, une espèce d’honnêteté et de simplicité aussi, qui est un peu la base de ce qu’on fait, et d’avec quoi on travaille.

WFTN – Est ce que le H8000, voir même le Straight Edge qui apporte beaucoup sur la question de l’individu, a pu ensuite influencer la mise en place de certaines positions ou points de vue qui se retrouvent maintenant dans la Church Of Ra ?

Colin H Van Eeckhout – Ouais, pas vraiment le Straight Edge. Il y en a qui sont encore Straight Edge, comme moi et Lennart , mais c’est plus l’idée de respect qui compte. C’est pas le Straight Edge, les règles, ce genre de truc. Quand on a commencé ça, Lennart et moi, on a jamais été comme les Straight Edgers qui étaient avec le drapeau, on était low profile. On faisait et on s’en foutait de ce que les autres gens faisaient. C’était plus dans un respect de son propre corps, car on en a qu’un, et c’est un peu illogique d’y mettre du poison dedans, mais bon… on s’en fout.

Mais au fond, oui, ça transpond aussi un peu sur ce qu’on fait. C’est un peu Respect pour Respect. Faut respecter les gens, faut respecter des opinions différentes et il faut essayer de comprendre, de voir dans une autre perspective. C’est une espèce de quête : essayer d’être un humain qui vit aussi bon que possible, pour soi, mais et aussi pour les autres gens autour de soi.

Pour Le H8000, on était des skateboarders et on voyait les groupes punk, dans les Thrasher Magasins, et on a découvert qu’il y avait aussi des groupes comme ça près de nous (c’est le sens du sigle H8000). On a découvert le Straight Edge… c’était quelque chose qui nous attirait, et comme chaque teenager, c’était aussi parce que que c’était différent, ça nous attirait aussi pour ça. C’était spécial et il n’y avait personne qui connaissait, c’était un autre truc à faire que de fumer du pot9 et tout… ce qu’on faisait avant mais… anyway

C’est des groupes comme Congress, et Blindfold qui étaient plutôt orientés Emo, puis vraiment metal comme Liar, Shortsight aussi, qui étaient les groupes qui nous ont fait réaliser que c’était aussi possible pour nous de faire de la musique, et nous ont motivé aussi à le faire. Petit à petit, on allait chaque week-end direction les concerts dans toutes la Belgique et on a commencé le groupe. C’est alors devenu une scène qui a grandi dans toute l’Europe. Ça nous a formé un peu dans la musique, ça nous a donné une direction.

WFTN – Je trouve ça vraiment très intéressant ce que tu dis sur l’idée d’avoir à la fois, dans une région, un environnement et des personnes qui t’influencent et te permettent de construire quelque chose de nouveau ; à la fois individuellement mais aussi de manière collective. Et ça se retrouve aussi dans la Church Of Ra, et particulièrement dans l’implication que vous avez au niveau du territoire et du patrimoine.

Colin H Van Eeckhout – Oui oui ! C’est pas qu’on se sent mieux que les autres, mais on vient d’une certaine région et de certaines villes, c’est aussi facile pour nous comme on vit près les uns des autres, on commence des groupes ensemble et on s’aide tout le temps, et on grandit ensemble.

On était un groupe de musique, Amenra, et on a réalisé qu’on voulait utiliser le médium musical, et plus tard artistique, dans le maximum de ses possibilités. En devenant plus vieux j’ai réalisé que, quand tu as 16 ans, tu penses comme ça, et j’ai réalisé qu’il y avait d’autres gens qui le faisaient ce qu’on faisait aussi, mais d’une autre manière. Par la danse contemporaine, la peinture ou même le graphisme et le dessin… tout ce qui est possible dans l’Art. Et c’est comme ça que, pendant nos déplacements, on rencontrait des gens et je réalisais qu’ils étaient en train de faire le même truc et qu’ils étaient aussi en train de chercher des réponses dans un espèce d’environnement de tristesse ou de mélancolie. Et puis on a étudié un peu le Saudade et Duende ou des trucs comme ça, qui m’intéressait pas par le passé, et qui me plaisait et je me disais « Ah ! Mais ils étaient en train de faire les mêmes trucs que nous avec un autre style de musique » et c’est comme ça que ça a grandi.
Comme Amenra veut dire «La vie», Life so be it10, ça vient comme ça vient, en bon ou mauvais truc ; la Church Of Ra, c’est un peu l’Église de la Vie. Et c’est un peu ça qui rejoint l’universalité dont je parlais, c’est notre Église, la vie, qu’on prédique, qu’on exclame, et nous on fait notre quête pour des réponses en public, dans une manière abstraite. On essaye d’aider les gens dans cette quête que tout le monde fait, un jour ou l’autre, et c’est aussi une manière de dire aux autres gens qu’ils ne sont pas seuls. Parce que tout le monde pense qu’il est seul, sans trouver de réponse.

Oui, c’est un peu l’idée de la Church Of Ra, avec les autres groupes qui font un peu le même truc, mais d’une autre manière, et ça a un peu donné le nom. Par ce qu’Amenra n’était plus Amenra. C’était plus un entourage qui nous aidait dans nos débuts, on faisait notre truc et c’est comme ça que ce bloc est devenu quelque chose de plus grand. Et quelqu’un qu’on ne connait pas peut être aussi sur l’idée de Church Of Ra, tu vois ce que je veux dire ? Alors c’est un truc universel.

WFTN – Vous faites des Splits et des concerts communs, notamment dans des lieux assez importants d’un point de vue patrimonial ou religieux

Colin H Van Eeckhout – Oui, mais ce ne doit pas forcément être patrimoine. Le plus important c’est… pas atmosphère non plus mais… Des fois, vous avez des lieux qui ont un pouvoir, où tu ressens quelque chose. Si nous on prend notre truc pour le mettre dans un truc comme ça, ça devient encore plus grand. On veut faire des trucs sur des lieux, où même si on est pas encore en train de jouer, tu entres et tu le sens déjà. C’est un peu l’idée.

Ça a commencé lorsqu’on jouait sur un festival Hardcore ; on devait jouer à 13h et ça ne marchait pas avec ce qu’on fait mais on avait pas le choix, et on était contents de jouer aussi. Mais l’électricité avait… comme ce soir [Un problème technique a interrompu un temps les premières minutes du concert]. On était contents et on s’est vite poussés du podium et l’idée était née : on va allumer un générateur, on s’en fout, et on joue ce soir, quand on veut dans la nuit, avec nos lumières dans la petite foret près du camping. Et les gens qui l’entendent vont venir, qui l’entendent pas, on s’en fout, même si il y en a dix, douze, si il y en a plus, c’est cool mais on s’en foutait… On voulait faire notre truc.
Et c’est là qu’on a réalisé qu’on pouvait faire ce qu’on voulait. Ce monde de la nuit, on l’utilise comme on veut, et c’est là qu’on a eu l’idée de faire notre truc, au moins une fois par an, où on est libre à 100%.

WFTN – C’est aussi dans cette idée d’atmosphère qu’il y a de l’encens en début de concert.

Colin H Van Eeckhout – Ça te sort un peu de la salle de concert, tu vois ce que je veux dire ? La salle de concert, c’est une salle de concert… Et on essaye un peu d’avoir le contrôle total et de sortir les gens d’eux-mêmes et d’où on est. C’est un peu l’idée.

WFTN – Visuellement, sur scène, il y a tout un rituel…

Colin H Van Eeckhout – Oui, ça s’est créé tout seul, on se jette sur le truc mais il n’y a pas un autre moyen de faire ! C’est arrivé tout de suite. Pour nous c’est… on essaye de le voir comme un espèce de rituel, quelque chose où tu peux poser les trucs derrière toi, tout le poids sur tes épaules. C’est un peu ce qu’on fait.

WFTN – De mon point de vue, il y a quelque chose de culturellement très flamand dans votre approche.

Colin H Van Eeckhout – Ça pourrait, mais ça, on ne peut pas y échapper. C’est normal. Mais j’essaye quand même de prendre des inspirations de beaucoup de trucs. Avec ma famille, je vais beaucoup en vacances dans le sud de la France et j’essaye le plus possible de regarder ce qui se passe, les traditions, etc. J’achète des trucs sur des petits marchés qu’on utilise dans Amenra.
C’est plutôt quelque chose qui est proche de nous, pas nécessairement flamand, ou belge, mais un peu tout ce qui parle de la vie et qui est proche de nous. C’est notre culture, pas uniquement belge ou française. Ça se mixe un peu quand même.

WFTN – J’entendais flamand et d’une certaine manière aussi médiéval. C’était une période où la question de la souffrance, de la mort était quotidienne et où il y avait une volonté de revendiquer la vie et de s’émanciper de tout ça.

Colin H Van Eeckhout – Ouais, c’est vrai, notre ville est très médiévale. Et ça nous a inspiré un peu dans ce qu’on fait, et c’est aussi avec les gens. En France c’est aussi comme ça je pense, où chaque petit village à une espèce de grande église. Et dans le passé, quand on était enfant c’était un peu comme ça, c’était déjà en train de diminuer, et de plus en plus. Mais c’est un monument où tout est cerclé autour et c’est comme ça qu’on apporte de nouveau, du sens, mais on écoute jamais les autres, on fait ce qu’on veut. C’est comme ça un peu qu’on utilise les trucs comme ça.
Et c’est même assez joli, les églises, les rituels, les métaphores… c’est très joli au fond, et la religion,  savoir que quelqu’un dans le temps a eu l’idée de… mais ça a tout foutu en l’air.

WFTN – Oui c’est aussi le message originel de la religion.

Colin H Van Eeckhout – Oui c’est aussi ce que je pense, mais tout le monde se perd à vouloir le mettre dans un bouquin et mettre des règles dessus. C’est le truc le plus con que tu peux faire. C’est ce qui tue le truc.
Mais on est sûr et certain que ça a une valeur dans une vie humaine, dans cette quête pour avoir des réponses, c’est le truc que tu veux jamais avoir, mais c’est très important d’avoir ce yearning to get answers to define that you dont think you know yet, maybe do but, you don’t realy got it.

Et c’est pour ça qu’on essaye aussi de construire un peu de nouveau une idée du rituel, aussi dans la body modification, truc comme ça, ça nous intéresse et ça nous forme un peu dans ce qu’on fait.

WFTN – Qu’est ce qui se passe maintenant pour Amenra ? Est ce qu’il y a des choses en préparation ?

Colin H Van Eeckhout – Il y a toujours de trucs en préparation chez nous, mais on a réalisé que c’était le moment pour nous d’aller au background et d’écrire de nouveau et de prendre notre temps. On sent qu’on devient fatigués, et ça devient de plus en plus difficile de jouer des concerts et d’écrire en même temps. On écrit pas de nouveau truc si on joue des concerts. On répète pour les concerts et les semaines passent et on ne peut plus rien construire, alors que c’était ce qu’on voulait. On ne peut pas se laisser noyer par une vague qu’on a créée nous-mêmes. Alors c’est le temps pour nous to lay low, d’essayer de ne pas jouer de shows jusqu’au nouvel album ; on va essayer d’écrire un Full Lenght, Mass VI, et un Full Lenght accoustic album.
On essaye d’en avoir le plus possible, on a aussi d’autres splits, il y a encore un autre split avec des potes à nous. On a travaillé aussi sur un documentaire l’année passée qu’on va essayer de finir, on verra bien.

On fait aussi beaucoup de musique pour des films, ça se passe un peu sous les radars. Il y a aussi les autres projets des autres groupes, ça prend beaucoup de temps aussi. Et c’est pour ça qu’on doit un peu faire des choix et diminuer un peu les concerts.

WFTN – Vous êtes en tournée avec Regarde Les Hommes Tomber, comment ça s’est passé ?

Colin H Van Eeckhout – Ils sont très gentils, c’est fou ! Ils me rappellent un peu nous. On sent que ce sont des potes, et c’est très rare en fait. On existe depuis maintenant 15 ans et je dois dire que j’ai pas vu beaucoup de groupes où j’ai senti une amitié aussi précieuse, c’est mon opinion, mais je pense que c’est aussi le cas chez eux.
C’est cool ce qu’ils font. Nous on est très solitaires, on entre pas dans leur backstage pour faire la fête avec eux mais… Ici, je trouve sur les longues tables [Dressées par l’Astrolabe en backstage pour restaurer les équipes], ça fait un peu mariage… Mais c’est très chouette de jouer avec eux, super sympa, la musique est cool et je pense que dans le futur, on va se croiser de nouveau, surtout si ils continuent à faire ce qu’ils font, je n’ai pas de doute qu’on se croise à nouveau.

C’est KongFuzi, notre booker pour la France qui nous a dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de les mettre avec nous, et c’est vrai. On réalise qu’ils sont aussi très connus en France et qu’ils ont aussi attiré beaucoup de gens aux concerts et je pense que dans cette situation, nous tous on a gagné un peu… C’est très chouette, ils travaillent aussi avec des artistes qu’on connait, des amis à nous, et c’est un peu la même petite famille… c’est chouette… j’espère qu’ils nous trouvent pas cons.

Thomas [Regarde Les Hommes Tomber] – [passe dire un mot en coup de vent en allant vers le backstage] Merci le concert était incroyable, c’est la première fois que je vous vois, je ne connaissais pas Amenra. Moi je viens du Black Metal et franchement ce que vous faites c’est… c’est mortel. Merci beaucoup!

Colin H Van Eeckhout – On était justement en train de parlez de vous! Ils sont cools, c’est chouette. Et ils font tout aussi eux-mêmes, leur musique, on sait combien d’énergie ça prend et on voit qu’il y a encore des autres gens qui font. On va se croiser de nouveau je pense. Sûrement.

En 2015, Colin H Van Eeckhout sort son premier album solo chez Consouling Sounds sous le nom de CHVE où il distille subtilement une musique plus contemplative et personnelle.

 

WFTN

Photographie de couverture : Daria Endresen (série de photo pour Amenra, 2014)
Interview et transcription : Clément Sayous

 

Retrouvez l’interview de Colin H Van Eeckhout – Amenra au format Audio

 

Notes de bas de page

1 Cette odeur d’encens si caractéristique de la liturgie chrétienne, qui prépare et ouvre chaque concert d’Amenra.

3 Aujourd’hui rééditée à l’identique par Reality Records, H8Z – The H8000 Hardcore Fanzine Compilation

4 Lire l’article écrit par Good Life Record sur la fondation du label et le commencement du H8000 crew. http://www.goodliferecordings.com/en/inside-look/story.htm

5 Spineless, a sorti en 1997 LP, Painfields, puis un album, …A Talk Between Me And The Stars… en 1998, tous deux chez Sober Mind Records, le label affilié au H8000 Crew, et qui a notamment édité des groupes comme Spirit Of Youth, Sektor ou Blindfold.

6 « Ça nous a plus », en anglais dans la réponse.

7 Colin H van Eeckhout (chant), Mathieu Vandekerckhove (guitariste lead) et Bjorn Lebon (batterie).

8 « Ils signifiaient plus », en anglais dans le texte

9 Expression, notamment québécoise, signifiant fumer de l’herbe. Se prononce « pote ».

10 « Ainsi soit-il, ainsi soit la vie, Amen », en anglais dans le texte.

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